EA-4195 Telem (Bordeaux 3)

TELEM

L’équipe d’accueil TELEM («Textes, Littératures : Ecritures et Modèles» EA 4195), conçue en 2005 et reconnue en 2007, rassemble des chercheurs (une soixantaine d’enseignants-chercheurs et autant de doctorants) travaillant sur le langage, la langue et les textes. Leur rassemblement prend acte d’un certain nombre de convergences dans leurs objets – les textes, littéraires et non littéraires – et leurs méthodes : l’analyse des corpus, quels qu’ils soient, est jugée indissociable de l’interrogation permanente à laquelle les chercheurs doivent soumettre leurs concepts opératoires (l’écriture, pensée dans la diversité de ses pratiques) et leurs protocoles de recherche (les modèles, qu’ils soient cognitifs, épistémiques, culturels, sociologiques, esthétiques, linguistiques, etc.). TELEM est dirigée par Martine Mathieu-Job qui a succédé en décembre 2010 à Bernard Vouilloux. Cette équipe s’intéresse à des questions sémiotiques et esthétiques, et plus particulièrement sur les aspects cognitifs et affectifs que présentent la production et la réception d’artefacts relevant aussi bien de systèmes non linguistiques et linguistiques que  de l’expression littéraire. C’est dans ce cadre que prend naturellement place le programme « Émotions de la littérature » qui cherche à articuler la production et la réception des œuvres littéraires à la vie émotive et vise à constituer un vocabulaire spécifique d’analyses des émotions esthétiques permettant de penser à nouveaux frais certains aspects de la fiction, comme celui des pouvoirs et effets de la littérature.

Emotions de la littérature »

 Ce projet de recherche s’insère dans un programme consacré aux « émotions littéraires », engagé en 2007 avec le soutien et le financement de l’équipe d’accueil TELEM EA-4195 (axe « Discours, esthétique et cognition » du quadriennal 2011-2014), le BQR (Bonus Qualité Recherche) du conseil scientifique de l’université Bordeaux 3 et le Conseil régional d’Aquitaine. Dans son volet historique, il entre en écho avec les interrogations de la composante « Modernités » de l’équipe, qui a obtenu l’accord du directeur scientifique de « Modernités » pour la publication d’un ensemble de travaux issus du séminaire et des journées d’études, dans un volume de cette collection aux Presses universitaires de Bordeaux. Dans leur volet théorique, les interrogations de l’équipe ont également croisé le séminaire portant sur la notion « d’identification », organisé par l’équipe d’accueil en collaboration avec des psychanalystes, et les travaux de ses collègues dans le domaine de la philosophie morale (en particulier ceux de Guillaume Le Blanc sur l’invisibilité sociale et la notion d’empathie).

Le programme implique une dizaine de chercheurs de l’équipe d’accueil TELEM. Il existe des recoupements avec le programme consacré aux « Formes de la plainte », comme avec certains aspects de l’axe « Littérature et politique », qui s’attache à l’analyse de l’action et de l’effet des discours. Il a cherché à s’organiser en un réseau d’une cinquantaine de chercheurs français et étrangers, en prenant notamment comme point de départ les relations déjà nouées avec le programme du Groupe Phi du Celam (université Rennes 2, Emmanuel Bouju), coordinateur de la journée d’études « Émotions et puissance de la littérature », et avec le groupe de recherche « Lecture littéraire » (université Toulouse-Le Mirail, Gérard Langlade). Il tend également à incorporer des chercheurs suisses participant au programme de recherche suisse sur les « sciences affectives » (Patrizia Lombardo, Raphaël Baroni, Antonio Rodriguez) et des spécialistes américains de philosophie esthétique travaillant sur la théorie des émotions (notamment Jenefer Robinson et Suzanne Keen).

À partir d’un séminaire pluriannuel, de deux journées d’études et du colloque « L’Empathie et esthétique », on a tenté d’explorer quelques-unes des questions originales, tant théoriques qu’historiques, posées par la théorie des émotions, en explorant les possibles apports de nouveaux croisements disciplinaires.

 

Actions scientifiques réalisées :

1) Séminaire interdisciplinaire de recherche à l’université Bordeaux 3 : les « émotions littéraires » (depuis 2008)

Ce séminaire exploratoire a permis de réfléchir, au carrefour de disciplines aussi variées que l’histoire, l’histoire de l’art, la sémiotique, la psychiatrie et les sciences cognitives, aux nouvelles perspectives ouvertes par la question des affects et des émotions et d’esquisser une cartographie des champs à explorer, comme des difficultés épistémologiques prévisibles.

Invités : Michael Rinn (linguiste, université de Bretagne occidentale) ; Georges Charbonneau (psychiatre, université Paris 7-Denis Diderot) ; Nathalie Blanc (psychologique cognitiviste, université Paul Valéry, Montpellier 3), Nathalie Roelens (sémioticienne, université de Nimègue, Pays-Bas) ; Damien Boquet (historien, université de Provence/Institut universitaire de France) ; Martine Boyer-Weinmann (historienne de la littérature, université Lumière-Lyon 2) ; Élisabeth Rallo-Ditche (comparatiste, université de Provence) ; Vincent Jouve (théoricien de la littérature, université de Reims) ; Gérard Langlade et Louis-Philippe Carrier (spécialistes de la lecture, université Toulouse-Le Mirail et université Laval [Québec]), Denis Bertrand (sémioticien, Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis).

2) Journée d’études (12 juin 2009) : « Émotions et puissance de la littérature » (École normale supérieure-Paris)

En collaboration avec le LILA (ENS-Paris) et Fabula.org, cette journée a rassemblé huit intervenants et a été conclue par une rencontre avec l’écrivain Régis Jauffret, auteur de Lacrimosa (Gallimard). Son objectif a été une exploration d’ordre générique et historique de la question des émotions littéraires.

Intervenants : Julia Douthwaite (University of Notre-Dame, Etats-Unis) ; Frédérique Leichter-Flack (Université Paris 10) ; Maryline Heck (Université de Tours) ; Michel Collot (Université Paris 3) ; Timothée Picard (Université Rennes 2) ; Béatrice Bloch (Université Bordeaux 3) ; Frédérique Toudoire-Surlapierre (Université de Mulhouse).

3) Colloque international (10-12 mai 2010) : « Empathie et esthétique »

Ce colloque s’est donné pour objet une notion, l’empathie, issue de la théorie des émotions, qui engage fondamentalement la relation intersubjective ou de sujet à objet. Il s’est proposé d’interroger la place, le statut, les fonctions et le fonctionnement de l’empathie dans la relation que nous entretenons avec les œuvres, quelles qu’elles soient, littéraires ou artistiques. La question est donc celle de l’articulation entre l’empathie et l’expérience, l’attitude, l’attention ou la relation esthétique. La notion d’empathie, qui a une longue histoire derrière elle, se trouve en effet prise en charge depuis quelques années par différents courants de la recherche internationale, qui en redécouvrent l’importance dans l’histoire des idées et des formes, en valorisent l’efficience théorique et l’effectivité éthique, individuelle ou collective, et en questionnent la spécificité. En invitant à nuancer, à réviser, voire à reconstruire les oppositions traditionnelles de l’empathie à l’émotion, à la connaissance, à l’action, c’est ainsi tout un réseau de problèmes, situés dans des perspectives disciplinaires différentes, que ce colloque a placé en pleine lumière, de manière à prendre toute la mesure des formes et des forces que l’empathie endosse dans notre relation aux œuvres. L’événement a trouvé place à Cap sciences, centre bordelais de culture scientifique, où se sont déroulées deux des trois journées de l’événement au bénéfice de sa diffusion auprès du grand public et des acteurs culturels et académiques locaux. Les actes paraîtront aux éditions Hermann courant 2012.

Intervenants :Bernard Vouilloux (organisateur), professeur à l’université Bordeaux 3 ; Alexandre Gefen (organisateur), maître de conférences à l’université Bordeaux 3 ; Aurélia Gaillard, professeur à l’université Bordeaux 3 ; Dominique Rabaté, professeur à l’université Paris 7; Yves Bonnefoy, professeur au Collège de France ; Anne Coudreuse, professeur à l’université Paris-Nord/Institut universitaire de France ; Anne Simon, chargée de recherche au CNRS-université Paris 3-Sorbonne Nouvelle ; Carole Talon-Hugon, professeur à l’université de Nice-Sophia Antipolis/Institut universitaire de France ; Sophie Marchand, maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne ; Muriel Louâpre, maître de conférences à l’université Paris 5-Descartes ; Pierre Livet, professeur à l’université de Provence ; Gloria Origgi, chargée de recherche au CNRS/Institut Jean Nicod ; Georges Didi-Huberman, chargé de recherche au CNRS-EHESS ; Jean-Pierre Cometti, professeur émérite à l’université de Provence ; Frédéric Chevreux, doctorant à l’université d’Amiens ; Filippo Fimiani, professeur à l’université de Salerne (Italie) ; Jenefer Robinson, professeur à l’université de Cincinnati (États-Unis) ; Raphaël Baroni, professeur assistant, université de Genève (Suisse) ; Suzanne Keen, professeur à l’université Washington and Lee (États-Unis) ; Antonio Rodriguez, professeur assistant à l’université de Lausanne (Suisse) ; Patrizia Lombardo, professeur à l’université de Genève (Suisse) ; Gregory Currie, professeur à l’université de Nottingham (Royaume-Uni) ; Barry Smith, professeur à l’université de Londres (Royaume-Uni).

4) Journée d’études (1er juin 2010) : « Instruire, plaire ou émouvoir » (Tel-Aviv)

Sollicitée par le département de Français de l’université de Tel-Aviv, cette journée a été consacrée à des réflexions historiques sur la représentation des émotions et des sentiments dans la littérature et les arts (xvie-xxe siècles) et à un bilan de l’état des méthodologies d’étude des émotions littéraires.

Intervenants : Alexandre Gefen (Université Bordeaux 3) ; Mathilde Bernard (université Paris 3-Sorbonne Nouvelle) ; Michèle Bokobza-Kahan (université de Tel-Aviv) ; Liran Razinski (Université hébraïque de Jérusalem) ; Aviv Livnat (Bezalel Academy of Arts and Design).

 5) Bibliographie numérique et fonds documentaire

L’équipe TELEM a entrepris l’établissement d’une bibliographique collaborative en ligne sur le sujet, afin de mieux s’orienter dans le champ de recherche interdisciplinaire des affective sciences. Elle a réuni un ensemble d’articles en langue française et anglaise sur la question et entrepris, grâce au financement de l’équipe, de constituer un fonds documentaire de référence dans la bibliothèque des lettres de l’université Bordeaux 3 qui servira de base à l’encyclopédie documentaire numérique projetée par leur action.